29/04/2006

 Imprévu que je n'avais pas envisagé. Grrr quelle poisse chers lecteurs (et lectrices!)

 

Oh mes amis quelle excitation,

Je suis bien près de la pamoison,

Ce soir voici le docteur Vunouille,

Et avouer, je dois bien, j’ai la trouille.

 

Ma sœur retrouvée m’aide en cuisine,

Son fils si falot est chez Mélusine,

Je crois qu’il s’amusera bien avec Bartholomé,

Mais horreur ! Quelle est donc cette noire fumée ?

 

J’accours rapidement au jardin,

En courant je me cogne le sein,

J’ai mal et aussi vite que la malle poste,

Je vois que mon voisin brûle son compost !

 

Ma terrasse est noire de suie,

Comment en venir à bout, il faut que je l’essuie,

Ou le bon docteur, en s’asseyant,

Aura les mains charbon autant que le séant.

 

Vite, ma sœur, mon espoir, ma sauveuse,

Apporte moi un seau et de l’eau savonneuse,

Il ne faut pas ici de compromission,

Si je ne veux pas faillir à ma belle mission.

 

Car oh oui, ciel, depuis que mon mari,

Mort sur la route, alcoolisé, en pure folie

M’a quittée au soir de notre amour,

J’ai bien cru ne plus jamais voir le jour.

 

Aujourd’hui j’ai retrouvé l’émoi,

Et depuis bientôt un mois,

Je pense sans trêve au praticien,

A ses mains blanches posées sur mes seins.

 

Hâte toi,  perlette, presse ton pas,

Ou jamais prête tu ne seras,

Va vite te poser sur une chaise,

Pour mette la dernière main à la patte du poulet Basquaise !

15:08 Écrit par Perle d'amour | Lien permanent | Commentaires (12) |  Facebook |

26/04/2006

Songe d'une après-midi d'été (à Shakespeare dont je suis l'humble admiratrice)

M’étant peu alanguie sous le soleil d’avril

Préférant au transat les travaux botaniques

Aujourd’hui je m’étends comme une nymphe gracile

Et des oiseaux des champs j’écoute la musique

 

En songeant je me dis « Ce bon docteur Vunouille,

Qui dans ma maladie était plein de bonté,

D’un juron poitevin, je lance ‘Mortecouille !’,

Il est venu le temps de chez moi l’inviter. »

 

Dîner dans l’atrium et sentir sa présence

Dans sa voix basculer et me laisser bercer

Ou bien sur la terrasse, entraînés dans une danse,

Se frôler le flanc droit dans une valse effreinée

 

Et puis quand mon huis tremble, l’imaginer derrière,

Descendre glorieuse dans ma robe vert bouteille

Approcher tremblotante de la clinche de fer

Ma main manucurée empourprée de vermeil

 

Et je vois son visage dans la pâleur du soir

Je lui dis « Entrez donc, que c’est bon de vous voir. »

Précautionneusement, je le ferai s’asseoir

Virevoltant autour comme un bel encensoir

 

Massive est l’argenterie, la fourchette l’est donc,

Pour gober tous les mets, ma bouche s’ouvre telle une conque,

Et je vacille entière dans ce plaisir buccal

Ooh je veux le manger, quel supplice de Tantale !

 

Discrètement sous la table ôter un escarpin

Pour du pied de sa chaise toucher le sapin

Attraper un frisson, un frétillement joyeux

Tout le long du repas, le dévorer des yeux

 

Mais hola, chers lecteurs, voyez-vous je m’égare

Il est temps à présent de redresser la barre

L’appeler sans traîner pour ici le convier

Préparer le menu et la table dresser

 

Ma sœur sera présente et j’en suis fort ravie

Pour assister tremblante aux douceurs que la vie

Accorde à chaque instant à ceux qui la saisissent

Je suis de celle-là, et c’est bien mon seul vice.

 

20:16 Écrit par Perle d'amour | Lien permanent | Commentaires (15) |  Facebook |

24/04/2006

Retrouvailles (à Elle, que tu vas découvrir et que je ne quitterai plus)

Tulipes poitevines, qui, une à une, sortez le bout du nez
Vous rendez tellement plus douces mes journées
Jaunes, rouges, orange ou roses, belles colorées,
Le printemps est là, vite, dans l’herbe me rouler

Soleil sur La Trimouille, éveil de mes ardeurs
Devant tes rayons jaunes, je suis pleine de candeur
A l’image de ce vent qui berce mes humeurs
Les heures passent lentement… Dieu, merci pour ces douceurs

Préparer l’apéro, pour mon hôte chérie
Qui pour quelques journées a déserté Paris
Du Boulevard Poissonnières aux venelles d’ici
Je me dis une fois d’plus qu’elle est jolie la vie

Les forsythias précoces éblouissent l’espace
Et c’est un vrai bonheur d’être sur la terrasse
Faites qu’avec ce nuage le beau temps ne trépasse
Et que de froid, tout à coup, nos corps ne se glacent

Mais il n’y a pas de risque et coule l’apéro
Un pastis pour elle, et pour moi, un pineau
« Oh ma sœur, fais mollo ! Rajoute-moi un peu d’eau »
« C’est vrai, dis-je, j’ai le bras un peu lourdaud ! »

Chers lecteurs adorés,
Qui pour mes pages vertes
Ont du temps sacrifié
Vous faites cette découverte…
Trop fébrile je n’pouvais
La tête froide, sans pleurer
Te confier ce secret
Que je ne peux garder.
Cette femme qui naguère,
Tenait son fils en mains,
Au boul’vard Poissonnière,
Yeux plantés dans les miens,
C’est ma sœur que j’aime
Et qu’aujourd’hui je serre.
Elle est restée la même
Et pour toujours j’espère.
Une autre fois peut-être
Je coucherais ici
Derrière ma fenêtre
Sur mon clavier chéri
Ce qui fait qu’elle et moi,
Un jour d’hiver ancien,
Nous avons fait le choix,
Dilemme cornélien,
Lourdes de trop d’éclats
Et de drames à gogo
D’ensemble sonner le glas
De nos liens familiaux.
Ca f’ra sept ans bientôt
(Dieu, sept ans, c’est trop long !)
Qu’elle a fui en auto
Lussac, Montmorillon.
Un jour tu sauras tout,
Lecteur fidèle et bon,
De Paris, du Poitou,
De Caen ou Montluçon…
Je voulais simplement
Par ces quelques fragments
D’explications, seulement,
T’expliquer mon tourment.

Vous qui partout en France lisez ces quelques lignes
Sachez que la famille est plus douce qu’une guigne
Et que de trop de heurts, se quitter sans au revoir,
L’âme se meurt, malheureuse, le cœur au désespoir.

15:01 Écrit par Perle d'amour | Lien permanent | Commentaires (17) |  Facebook |

20/04/2006

Haikus du soir.

Depuis mon retour,
Je suis tout en émoi.
J’héberge un être cher sous mon toit.
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Penser à inviter mon docteur Vunouille
A dîner j’en suis fort aise,
Je prépare un poulet Basquaise.

22:33 Écrit par Perle d'amour | Lien permanent | Commentaires (6) |  Facebook |

A elle, sur les traces de qui ma vie m'a menée

 

« Paris ! Paris ! », oserais-je vous avouer

Ce qui là-bas m’est arrivé

Au détour d’une innombrable ruelle

Ni trop petite, ni trop grande, ni trop belle

Alors que de Pigalle,

Seule et sans escale,

Je rentrais au Sentier,

Pour de la chambre d’hôtel retrouver l’oreiller…

 

De très loin, Boulevard Poissonnière,

A moins que devant mes yeux ne soient que poussières,

Je vois s’avancer, démarche familière,

Une femme à la silhouette si singulière.

Et mon cœur s’emballe et s’effarouche

J’écarquille les yeux et je me dis « Peut-être que je louche… »

Mais tout est clair maintenant

Et mon cœur frémit et tout tremble dedans

 

D’abord elle ne me voit pas

Elle avance, confiante dans son pas

Au bout du bras elle tient un enfant

Oh, je lui donne quoi… cinq ou six ans…

Une toute petite tête blonde

Au bout d’une femme un peu gironde

Même si, Dieu que tout cela est fou,

Comme moi, elle vient du Poitou.

 

Il y a du monde ce matin

Sans doute y a-t-il un marché dans le coin

Les vieilles dames sans atours

De toutes les rues adjacentes accourent

Traînant derrière elles de petits diables à roulettes,

Pour, de leur matinée, ramener les emplettes

Il n’est pas cinq heures comme dans la chanson

Mais il semble que Paris s’éveille, et c’est si bon !

 

Mais je m’éloigne de ce qui ce matin m’occupe,

Cette femme, donc, portant une longue jupe,

D’abord ne me voit pas et d’un air rêveur

Coule dans la foule et toujours tressaute mon cœur.

Depuis dix secondes je me suis arrêtée,

Je la regarde s’avancer d’un air médusé

Il faut qu’elle me voie, « Maintenant ! » me dis-je

Et voilà qu’à présent, c’est elle qui se fige

 

Je ne saurais vous dire combien de temps

Nous sommes restées là nous regardant

Quelques minutes sans doute, et tout à coup j’ai peur

Il faut que je me calme et que je réfrène les pleurs

Et le petit tire le bras de la dame et nonchalamment

Lui demande , « C’est qui ?  Dis, c’est qui maman ? »

Et de mon corps s’évanouit toute peur

Et les larmes qui coulent sont celles du bonheur

 

Elle esquisse un sourire et fait fondre mes craintes

Et tout ce qui suit est aussi fort que l’absinthe

De sa main elle dessert l’étreinte qui la relie

A son fils qui, du regard, ébahi, la suit

On s’avance l’un vers l’autre et dans un instant

Je sentirai ses bras dans la chaleur de l’élan

Qui est-elle, vous direz-vous, impatients…

Mais tout cela est trop fort, je ne peux le dire maintenant.

12:35 Écrit par Perle d'amour | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

08/04/2006

Paris mon Amour (A Victor Hugo dont je n'ai pas toujours su finir les opus)

C'est décidé, dès cet après-midi, j'irai
A la SNCF m'acheter un billet
De Poitiers à Paris, aller-retour bonheur
Une ville lumière pour enflammer mon coeur
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De tous temps j'en rêvais et voilà ça y est
La Seine me donnera tous ses plus beaux attraits
En ascenseur très haut je voudrai me hisser
Pour du haut de la Tour, de Paris me griser
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Au Canal Saint Martin je remplirai mes mains
De galets tout bleutés comme Amélie Poulain
Mes vingt ans retrouv'rai et d'un geste gracieux
Ferai des ricochets des larmes plein les yeux
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Aux gal'ries Lafayette je ferai mes emplettes
Comme ces belles dames et je serai replète
De tant de beautés offertes à mon regard
Et j'aurai bien envie de remplir mes placards
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Pour moi seule je le sais, le Moulin tournera
Rouge comm' mon coeur bercé, Paris me donnera le la
Les lumières de Pigalle me f'ront tourner la tête
Les néons à jamais seront ceux de la fête
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Pour faire encore une fois un clin d'oeil à l'histoire
Sur l'île je me rendrai prudente à ne pas choir
Des Tours de Notre-Dame faire comme Quasimodo
Dans son humble demeure, réprimer un sanglot
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Puis au Musée Grévin j'actionnerai ma cervelle
Pour reconnaître alors ces figures éternelles
Lady Di, Madonna, Tina Turner, si belles !
Cette visite j'en suis sûre sera sensationnelle
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Puis prendrai le métro direction Père Lachaise
Pour voir tous ces grands hommes couchés tout à leur aise
Entre les marbres le soir d'une humeur vespérale
J'errerai le teint blême et l'esprit monacal
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J'espère qu'au détour de la rue Germain Pilon
L'amour frapp'ra trois fois et comme l'aquilon
Un séducteur affable et ses calembredaines
Me susurr'ra tout bas, dans l'oreille "Je vous aime"

18:16 Écrit par Perle d'amour | Lien permanent | Commentaires (26) |  Facebook |

07/04/2006

Que pullule l'aspérule (à Ronsard dont le nom m'évoque ce gentil fruit d'août qu'est la mûre)

Le soleil rebrille sur ma ville et sur mon coeur
Me rendant de la plus belle des humeurs
Dans une poêle j'ai déposé au fond d'un fond de beurre
Un morceau de veau qui vient de chez ma soeur
Recroquer la vie à pleines dents n'est plus un leurre
Depuis que loin de moi, j'ai laissé mes douleurs
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Cet après-midi sans crier gare
Je m'en irai sans attrait et sans fard
Sûrement je ne me mettrai pas en retard
Je remiserai chez moi tout mon cafard
Mon coeur et mon corps font un tel tintamarre
Oui, tout de suite, il faut que je me barre
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J'irai voir si d'aventure, aspérule odorante,
Dont les vertus sans cesse je vante,
(A moins que mes grands-mères ne mentent)
A pu de l'hiver sortir de la tourmente
Et sortir de terre leur feuille couleur de menthe
Avec son goût qui parfois me hante
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Je la cuillerai dans un petit panier
Excitée, je serai, je ne peux pas le nier,
Comme une enfant se costumant au grenier,
Comme une femme découvrant un beau collier
Comme un mathématicien devant un nouveau boulier,
Et je la mélangerai à quelques fruits d'été.
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"Mignonne, allons voir si l'aspérule
Qui ce matin dans les sous-bois pullule
N'a point perdu cette vêprée
Les plis de sa robe immaculée
Et si son teint au mien jadis pareil..."
Me suis-je exclamée au réveil !
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Mais déjà je sens que le temps passe
De nouveau vers il ne faut pas que je m'embarasse
Je vois que je suis encore bien trop loquace
Je veux saisir le bonheur car il est si fugace
J'ai hâte de déguster sur un pain fougasse
Toutes ces confitures faites du butin que je ramasse.

10:46 Écrit par Perle d'amour | Lien permanent | Commentaires (8) |  Facebook |

06/04/2006

Le médecin malgrès moi. (Au docteur Vunouille que je vais inviter bientôt à diner en tête à tête dans ma demeure parée de milles feux.)

Ma grippe était maligne, elle était bien cachée,
Elle a fait la maline et aux médocs a résisté.
Dans le Poitou, une clinique m'a accueilli,
Je reviens mettre mes mots sur la toile aujourd'hui.
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Le médecin qui a si gentiment pris soin de moi,
avait des yeux d'or et sa spécialité : le foie.
Il a dit que le mien se portait comme un charme,
mais que la couleurs de mes glandes, c'était le parme.
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Une grippe ça se soigne, mais dans mon cas,
Il a fallu une perfusion pour m'éviter le trépas,
Je maudis le premier qui a contracté une pneumonie,
Mais que mon doux guérisseur, de loin soit béni.
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Avec mon cathétère, belle alanguie,
Des comprimés pilés dans le yahourt de midi,
la belle infirmière me dit dans un sourire,
votre docteur Vunouille va vous mettre un colyre.
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Je me ressaisis, et me rassois dans la torpeur,
de ne pas lui plaire j'ai trop peur,
je chasse d'une main preste une mèche de mes cheveux
Je crois que je dois vous faire un aveux.
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Dans ma longue expérience, j'ai aimé et désiré,
des hommes, la nature et la rosée de mai,
Mais aujourd'hui guérie et heureuse,
je crois que je suis tombée amoureuse.
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Dans sa blouse blanche il me fais frémir de joie,
Mon docteur, mon sauveur, je suis en émoi.

01:03 Écrit par Perle d'amour | Lien permanent | Commentaires (6) |  Facebook |