20/04/2006

A elle, sur les traces de qui ma vie m'a menée

 

« Paris ! Paris ! », oserais-je vous avouer

Ce qui là-bas m’est arrivé

Au détour d’une innombrable ruelle

Ni trop petite, ni trop grande, ni trop belle

Alors que de Pigalle,

Seule et sans escale,

Je rentrais au Sentier,

Pour de la chambre d’hôtel retrouver l’oreiller…

 

De très loin, Boulevard Poissonnière,

A moins que devant mes yeux ne soient que poussières,

Je vois s’avancer, démarche familière,

Une femme à la silhouette si singulière.

Et mon cœur s’emballe et s’effarouche

J’écarquille les yeux et je me dis « Peut-être que je louche… »

Mais tout est clair maintenant

Et mon cœur frémit et tout tremble dedans

 

D’abord elle ne me voit pas

Elle avance, confiante dans son pas

Au bout du bras elle tient un enfant

Oh, je lui donne quoi… cinq ou six ans…

Une toute petite tête blonde

Au bout d’une femme un peu gironde

Même si, Dieu que tout cela est fou,

Comme moi, elle vient du Poitou.

 

Il y a du monde ce matin

Sans doute y a-t-il un marché dans le coin

Les vieilles dames sans atours

De toutes les rues adjacentes accourent

Traînant derrière elles de petits diables à roulettes,

Pour, de leur matinée, ramener les emplettes

Il n’est pas cinq heures comme dans la chanson

Mais il semble que Paris s’éveille, et c’est si bon !

 

Mais je m’éloigne de ce qui ce matin m’occupe,

Cette femme, donc, portant une longue jupe,

D’abord ne me voit pas et d’un air rêveur

Coule dans la foule et toujours tressaute mon cœur.

Depuis dix secondes je me suis arrêtée,

Je la regarde s’avancer d’un air médusé

Il faut qu’elle me voie, « Maintenant ! » me dis-je

Et voilà qu’à présent, c’est elle qui se fige

 

Je ne saurais vous dire combien de temps

Nous sommes restées là nous regardant

Quelques minutes sans doute, et tout à coup j’ai peur

Il faut que je me calme et que je réfrène les pleurs

Et le petit tire le bras de la dame et nonchalamment

Lui demande , « C’est qui ?  Dis, c’est qui maman ? »

Et de mon corps s’évanouit toute peur

Et les larmes qui coulent sont celles du bonheur

 

Elle esquisse un sourire et fait fondre mes craintes

Et tout ce qui suit est aussi fort que l’absinthe

De sa main elle dessert l’étreinte qui la relie

A son fils qui, du regard, ébahi, la suit

On s’avance l’un vers l’autre et dans un instant

Je sentirai ses bras dans la chaleur de l’élan

Qui est-elle, vous direz-vous, impatients…

Mais tout cela est trop fort, je ne peux le dire maintenant.

12:35 Écrit par Perle d'amour | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

Commentaires

Profites J'espère que tu passes une bonne journée et que tu profites de la météo clémente de ses jours-ci.
Bonne fin de journée
Et à bientôt

Écrit par : Vincent | 20/04/2006

Bonjour LINCONNU t'invite à un voyage en France.

Écrit par : LINCONNU | 20/04/2006

Bonsoir Je n'écris jamais de poème,Dieu merci.Et le second degré existe que je sache,trop peu
utilisé sur la toile,hélas !!!!!
A toutes fins utiles,je me hâte de te dire que j'admire La Femme.
Confus de t'avoir froissée,bonne soirée et douce nuit.

Écrit par : LINCONNU | 20/04/2006

Un très beau texte , j'aime vraiment beaucoup !!!

Merci à toi.

Bon week end.

Mary

Écrit par : Mary | 22/04/2006

Les commentaires sont fermés.